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L’article « L’étonnement est le début du blog » est dédié à M. Marcel Clément. Mais qui est Marcel Clément ?

Marcel Clément rencontre Jean-Paul II, ils sont décédés la même semaine en 2005 ! Destins croisés ?

 

« O Capitaine ! Mon Capitaine ! »

Quand résonnent ces mots de Walt Whitman, je pense immédiatement à un professeur. Pas celui interprété par Robin Williams dans « Le Cercle des Poètes Disparus », mais à l’un de mes anciens profs de philo. : M. Marcel Clément.

La première rencontre a eu lieu en octobre 1986. C’est étrange, il me reste une image en noir et blanc. Comme s’il était un personnage d’un autre temps

Il savait tellement de choses. C’était un homme fascinant. Il avait fait mille métiers, il avait rencontré tous les grands de ce monde et il avait un don pour raconter des histoires qu’il puisait dans son expérience. Il avait pour nous le regard d’un père pour ses enfants. Je me sentais comme son fils qui lui demandait sans cesse de me lire un conte de fées. Quand il parlait de Socrate, Platon et Aristote, j’avais l’impression qu’il les avait déjà rencontrés.

Aujourd’hui, je me souviens de ces cours et les phrases de mon dernier article sont certainement, inconsciemment, les siennes.

Ma dernière rencontre date de 1991, je crois. Dans son bureau à la rédaction de son journal, car il était aussi journaliste. Je lui faisais part de mes débuts en tant que journaliste, notamment à France-soir. Je lui exprimais une certaine amertume. Une déception aussi. J’étais très éprouvé par ce métier. Plus précisément, par ce milieu. Un milieu presque mafieux. Pourquoi ? Parce que vous avez l’impression que tout le monde veut votre peau. Moi, je voulais juste écrire et raconter mes rencontres. Et dans mes articles, je retrouvais des mots qui n’étaient pas les miens. C’est le rôle du rédacteur en chef : changer vos mots jusqu’à en changer le sens pour qu’ils deviennent plus polémiques et plus vendeurs. Et si j’en crois le commentaire d’André de Booking Tables sur NetZ (l’article publié au final sera tronqué), les choses n’ont malheureusement pas vraiment évolué. Alors, j’ai décidé de m’éloigner ce milieu malsain. Je n’y suis retourné qu’aujourd’hui. Grâce au blog, je maîtrise mes sujets et mes phrases. Personne ne vient travestir mon message. Je me sens libre et serein. C’est une des raisons qui m’ont incité à écrire que « le blog est l’avenir de la presse écrite ».

Il m’a écouté et s’est inquiété pour moi. Il m’a donné quelques conseils. Mais, ce que je retiens de cette dernière rencontre, c’est une sorte de prophétie. Une prophétie qui, à première vue, se révèle fausse. « Denis, je ne sais pas pourquoi, mais je vous vois à la télé. Je ne sais pas dans quel rôle, mais je vois votre futur professionnel à la télé ! C’est une image floue, mais je vois votre image sur un écran. »

En 1991, on n’imaginait pas encore ce qu’était internet. Il a donc fait une interprétation sur la réalité d’alors. Aujourd’hui, il faut traduire cette prophétie pour l’adapter à notre réalité dominée par internet. J’apparais bien sur des écrans. Mais ce ne sont pas des écrans de télévision mais les écrans de nos ordinateurs. Sur un réseau, bien plus puissant que celui des ondes télés et radios.

Il avait vu juste avec ses lunettes qui dépassaient du cadre de sa tête, mais surtout avec son regard si profond qu’il pouvait lire à l’intérieur de votre âme et de votre coeur.

Aujourd’hui, je navigue sur le web. Et sur le navire de ma vie, il y a un capitaine. Ce capitaine, c’est vous M. Marcel Clément. « O Capitaine ! Mon Capitaine ! »

Le 8 avril 2005, mon Capitaine a rejoint son ami Aristote. Depuis, ensemble, ils parlent de philosophie et d’étonnement.

Votre élève pour la vie, Denis Gentile.

PS: Marcel Clément a écrit une trentaine d’ouvrage. Notamment, La Soif de la Sagesse.

Remerciements à François-Xavier, son neveu, qui m’a envoyé et permis d’utiliser ces 2 photos.

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